21 février 2020: Conférence « Quel est l´âge du Pont d´Arc? »

 

Le 21 février, à l’invitation des Amis de l’Histoire de la région de Vallon, la salle de la Mairie de Vallon était comble  pour entendre Kim Génuite, Docteur en Géomorphologie et chercheur du Laboratoire EDYTEM de l’Université Savoie, répondre à la question : quel est l’âge du Pont d’Arc

A travers un exposé scientifique brillant et très documenté, Kim Génuite a décrit les processus de formation du Pont d’Arc à partir des  dernières recherches géomorphologiques  qu’il a réalisées dans la Combe d’Arc, en particulier dans les réseaux souterrains et les dépôts retrouvés dans la zone comprise entre l’arche naturelle et la grotte des Châtaigniers.

Cette étude fondée sur la corrélation existant entre les géométries des Gorges, du Pont d’Arc et des cavités avoisinantes apporte un nouveau regard sur la complexité du recoupement du méandre de la Combe d’Arc, c’est-à-dire le creusement de la colline et la formation de l’arche.

Chacun aura compris que ce fut un processus très lent. Il y a 6 millions d’années, l’Ardèche coulait en haut du plateau à 300m d’altitude. Au cours du Quaternaire, l’Ardèche a poursuivi son travail d’érosion, dessinant le canyon que nous connaissons aujourd’hui. C’est au cours de cette période que le Pont d’Arc est apparu.

L’érosion due aux  eaux tumultueuses de l’Ardèche et à aux sédiments transportés, combinée à une fragilité de la colline karstique en raison des nombreux réseaux et cavités internes dans ce secteur a fait son travail de sape. La colline a cédé laissant la place à l’arche naturelle que nous connaissons aujourd’hui.

L’âge du Pont d’Arc ? Les résultats sont en cours de vérification et de publication par les chercheurs, mais les premières analyses semblent donner un âge d’environ 100 000 ans.

Cela valait vraiment la peine d’être venu écouter Kim Génuite nous parler du Pont d’Arc.

Un grand Merci.

 

4 février 2020: sortie à Meyras

     Nous étions 32 emmitouflés dans nos doudounes pour visiter le château de Hautségur et le village de Meyras. Reçu par la maitresse de maison et propriétaire du lieu, nous étions admiratifs de la passion qu’elle porte à rénover cette magnifique bâtisse. Nous avons vécu avec elle  l’histoire de cette restauration et les capacités à lui redonner son aspect d’origine. Des gros travaux restent à faire, mais une visite dans deux ou trois ans permettront  de le voir achevé. Bravo et merci Patricia Demangeon pour votre volonté et courage et mener à bout et  seule un tel chantier!  En quittant Hautségur,  nous sommes allés au Restaurant des Sources ou un moment de détente et le repas nous ont permis d’aller affronter le vent et le froid. Meyras a gardé quelques belles traces de son passé médiéval, mais le froid nous a transis   et nous avions hâte de nous réchauffer dans le musée de Mr Rouy, passionné de chemin de fer. Il a collectionné de nombreux objets, lampes, casquettes, plaques portant le nom des gares , petits circuits, costumes et autres….  rappelant la période où les trains roulaient en Ardèche.  Bref une belle journée malgré la froidure…..

17 janvier 2020: Conférence sur la châtaigne

En faisant un véritable plaidoyer pour le développement de la châtaigneraie en France et plus particulièrement en Ardèche, Jean François Lalfert, castanéiculteur dont la châtaigneraie et l’atelier de transformation sont situés à deux pas du village de Thines au domaine du Bois de Belle, nous a éclairés sur de nombreux aspects de l’histoire de la châtaigne.
Bernard Riou, paléontologue ardéchois, a découvert un fossile de châtaigne de 8,5 millions d’années(La Voulte). Sa culture venant du « croissant fertile » (Israël, Syrie Liban Turquie Irak) est propagée par les romains, et le développement du châtaignier a suivi celui de la vigne. Le maximum de son développement se situe vers 1850 avec 100 000 hectares en Ardéche, 60 000 ha en 1960 et actuellement environ 30 000 ha.
Les malheurs du châtaignier se nomment : l’exode rural, les maladies touchant des propriétés non entretenues, les ravageurs (le cinips et le scarabée Hispanicus), et les cours de la châtaigne qui ont fait préférer la vente d’arbres aux usines à tanin. Le prix d’un arbre vendu dans les années 30 correspondait à 14 années de rapport !!

Une biodiversité à protéger
La châtaigneraie ardéchoise couvre 188 communes du nord de Lamastre au sud des Vans, en terrain acide. Selon l’altitude (de 400 à 900m) mais aussi la latitude, différentes variétés poussent sur notre territoire ardéchois. Il en existe 65 différentes parmi lesquelles: En sud Ardèche l’Aguyane, la précoce des Vans, la Pourrette ou la Sardonne..
En centre Ardèche : la Garinche, la Comballe ou la Bouche Rouge…
En Nord Ardèche : la Bouche de Clos, la Merle ..
Avec le réchauffement climatique d’autres zones plus faciles d’accès seront-elles plantées ? Les arbres, pour la plupart centenaires, sont entretenus et renouvelés grâce au greffage et à un soin régulier. La sauvegarde de ce patrimoine en terrasses, typique des Cévennes Ardéchoises depuis plus de 3000 ans, est actuellement un objectif alliant la technicité à l’innovation.
Protégée par une Appellation d’Origine Contrôlée depuis 2006 grâce à la mobilisation d’acteurs du département dont notre conférencier, la châtaigne d’Ardèche profite maintenant d’une Appellation d’Origine Protégée depuis 2014.
Mais le transfert foncier ne se fait pas, alors qu’il y a une demande de 4000 tonnes/an de châtaignes. Le châtaignier appelé « arbre à pain », car ayant permis de nourrir les hommes en temps de guerres ou disettes, son fruit, la châtaigne fut longtemps utilisé grillée en automne, puis séchée afin de la conserver, les cochons profitant des restes. Si on connait la soupe nommée « cousinat », la confiture ou « crème de marrons », il a fallu attendre le 20ème siècle pour voir se développer (avec le tourisme) une plus grande diversité des produits dérivés comme la farine, les marrons glacés, les brises de châtaignes, etc.
Les nombreuses personnes présentes ont pu avoir des réponses à leurs questions et profiter de l’exposition de nombreux livres sur la question. Une soirée appréciée.

26 octobre au 13 novembre: Exposition

Exposition 2019 : c’était cette année la 16ième édition.
L’exposition qui s’est tenue du samedi 26 Octobre au mercredi 13 novembre a accueilli beaucoup de monde pour son vernissage. Nous précisons que l’exposition qui a eu lieu en Octobre/Novembre, à Vallon sera visible le jour de la fête du livre à Lagorce en été. Le nombre total des visiteurs a été de 450, avec une grande disparité suivant les jours, et les horaires, ce dont nous devrons tenir compte pour la prochaine exposition.
La future brochure de 180 pages, contenant les 18 articles de cette exposition et les coins de l’histoire des deux dernières années, paraitra en mars et les adhérents à jour de leur cotisation la recevront gratuitement, lors de l’assemblée générale du 13 Mars 2020.

4, 5 et 6 octobre 2019: Fête de la biodiversité

Le Syndicat de Gestion des Gorges de l’Ardèche organisait la fête de la biodiversité dans les Gorges . Le vendredi 4 au soir eut lieu l’inauguration. L’ouverture fut faite par le discours du maire de St Remèze qui s’est félicité d’avoir dans son village le Syndicat Mixte des Gorges de l’Ardèche qui gère avec compétence ce territoire. Quant à Christine Malfoy, présidente du SGGA et conseillère départementale, ses propos portaient sur la biodiversité et la préservation de cet espace naturel et le devoir de veiller à sa sauvegarde, elle a également évoqué la capacité et la qualité de l’équipe qui travaille à cette préservation.
Le samedi 5 eut lieu l’animation, de nombreux stands étaient installés. Régine, Pierre et Suzanne représentaient les « amis de l’histoire de la région de Vallon », d’autres associations informaient sur leur raison d’être, publications sur l’histoire de la région, lutte contre les pesticides, découverte des sites remarquables de la région, tri des déchets pour préserver l’environnement etc.. etc. Il y avait notamment des promenades/découvertes de la faune et de la flore, de la spéléo, visite de grottes…ces visites furent un succès. Les stands, très intéressants auraient pu attirer plus de monde.
Le dimanche 6, c’est au Pont d’Arc que ce finissait les différentes présentations furent évoqués l’aménagement du site et les conditions de communications via les touristes et le public de la région. Une belle réussite.

4 juin 2019: Sortie au Puy et Polignac

         Nous  étions une quarantaine pour prendre le car en direction du Puy en Velay, ville d’Art et d’Histoire, patrimoine mondial de l’Humanité, classement UNESCO. 

            Accueillis par les guides de l’office de tourisme, nous avons  découvert le secteur sauvegardé et l’histoire de la ville au passé [1]millénaire, et point de départ des nombreux pèlerinages vers   Saint Jacques de Compostelle. Ensuite avec courage et détermination nous avons abordé la montée les quelques 150 marches  de la cathédrale, elle est un monument majeur de l’art roman et de l’occident chrétien. Une vierge noire, objet de  pèlerinage au cours des siècles trône sur un maître autel baroque

            Notre effort fut récompensé par un excellent repas, dans  le cadre  d’une ancienne chapelle dont les voûtes sont du XIV et XVIe siècles et les murs couverts de peintures évoquant les périodes médiévales de la ville et des environs. Après cette restauration, dans un ultime élan nous nous sommes dirigés vers la forteresse de Polignac. Le guide Quentin Bonneton qui nous attendait, connaissait parfaitement  la vallée de l’Ibie, puisqu’il était venu préparer son master 2 et avait recensé tous les lieux sous la conduite de Pierre Leroux, bref. Il nous a fait découvrir tous les aspects de la forteresse et grimpé en haut de la tour, achevant ainsi nos dernières forces. Cette visite fut fort intéressante,   il fallait pourtant prendre le chemin du retour en faisant une étape à la distillerie de la verveine du Velay.

            Belle journée, avec du beau temps, une belle ambiance et des guides forts documentés

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7 mai 2019: Sortie à Nîmes

C’est plus de 50 personnes qui ont rallié en car la première étape de cette visite. Là les membres de l’ « Académie du pont du Gard » nous ont accompagnés pour suivre le cheminement de l’eau sous terre vers Sernhac, où le canal de l’aqueduc a du éviter une carrière.
Deuxième étape : arrêt vers la « Maison Carrée » seul temple du monde romain complètement conservé : 26m de long, 15m de large, 17m de haut ( rectangle donc, dont le nom romain était carré long !)Repas agréable dominant la ville depuis le carré d’art.
Troisième étape : le Castellum divisorum , ouvrage couvert à l’origine, qui recevait l’eau de l’aqueduc et la distribuait par un ensemble de 2X5 canaux (visibles sur la photo)en 5 directions dans Nîmes .
Puis les « jardins de la fontaine »dont la source fut divinisée par les Volques(période « gauloise »), lieu emblématique des romains sous le règne d’Antonin le Pieux dont la statue se trouve au square de la fontaine.Nous avons une fois de plus apprécié le talent d’historien de Mr Larnac et de ses collègues.

13 février 2019: Sortie à Bollène

C’est par une belle après-midi ensoleillée que nous avons visité la partie médiévale de Bollène. A notre arrivée nous sommes reçus par le journal Local et par nos guides. L’implantation de la Collégiale dans un site très provençal et entouré d’un jardin, nous a agréablement surpris, mais si l’architecture de la Collégiale est intéressante, la restauration récente (2014) nous a déçues. Eglise en 1112 puis prieuré en 1427, après construction des chapelles adjacentes elle est devenue Collégiale en 1721. La tour cardinale n’est pas accessible à l’intérieur, mais possède un beau potentiel extérieur et mérite une restauration, la petite chapelle des trois croix offre une belle vue sur Bollène, la vallée du Rhône et l’Ardèche. Nous avons terminé par une exposition très fouillée du site de Barry. L’accueil chaleureux par nos trois guides successifs avec chacun leur spécificité qui nous ont permis un échange fructueux….

11 janvier 2019: Les voies romaines en Helvie

Malgré un temps très froid, une nombreuse assistance  est venue à la salle des fêtes de Salavas pour assister à  la conférence portant sur les voies romaines en Helvie, soirée  organisée par les amis de l’histoire.

Roland Comte, conférencier et président de Cévennes Terre de Lumière nous a parlé des différente voies romaines recensées et plus précisément de la voie d’Antonin le Pieux reliant Valence à Nîmes traversant le territoire Helvien, passant par Alba sa capitale et aussi par  Salavas où nous étions justement ce soir de conférence. Ces voies étaient jalonnées de bornes milliaires implantées tous les mille pas qui correspond à 1,5 kms environ, chaque borne portaient le nom d’Antonin le Pieux et  144- 145; une soixantaine d’entre elles ont été retrouvées.  Ces voies étaient construites de façon à supporter le passage des chariots chargés et lourds. Pour la solidité  une première couche de galets était posée sur le chant et affermie à la masse, la deuxième couche était composée de cailloux concassés et écrasés à la masse pour s´imbriquer grossièrement et  la troisième couche de 8 cm environ était faite de petites pierres de la grosseur d’une noix environ. Une soirée ou histoire, géographie et technique se sont superposées, laissant les auditeurs à leurs réflexions.

16 novembre 2018: La châtaigne ardéchoise

Conférence sur l’histoire de la châtaigne ardéchoise et de son industrie de transformatio, présenté par Christophe Sabaton

L’assistance était nombreuse, le vendredi 16 novembre à la mairie de Vallon, pour accueillir Christophe Sabaton, directeur général de l’entreprise du même nom, bien connue à Aubenas et en Ardèche. Patron dans la journée, conférencier le soir, il était venu nous parler d’un sujet qu’il connait bien, et pour cause : l’histoire de la châtaigne ardéchoise et de son industrie de transformation.
Il nous conta dans un premier temps l’histoire du châtaignier, cet arbre endémique de l’Ardèche, présent depuis près de 8 millions d’années dans nos Cévennes et qui connut son apogée aux alentours de 1875. A cette époque l’Ardèche produisait 40 000 tonnes de châtaignes à comparer aux 5000 tonnes de 2016.
Les maladies cryptogamiques, le dépeuplement rural et donc le manque de bras ont porté un coup sérieux à la châtaigneraie ardéchoise au début du XXème siècle qui perdit plus d’un million d’arbres. Malgré ces malheurs, l’Ardèche reste aujourd’hui le premier département français pour la production de châtaignes.
Ce maintien s’explique par la création d’entreprises de transformation à Privas : Faugier (Privas 1882), Sabaton (Labégude 1907) et Imbert (Aubenas 1920) qui vont permettre de mieux valoriser la châtaigne qui fut pendant longtemps la principale nourriture des ardéchois de la Montagne. Ils en consommaient alors près de 300 g/jour….mais c’était leur seul repas de la journée. Simple rappel à l’histoire de nos campagnes…
A travers l’histoire de son entreprise familiale mais aussi des avancées technologiques venues en particulier d’Italie, Christophe Sabaton nous rappela les évolutions techniques de la fabrication de la crème de marron et des marrons glacés : l’évolution de l’épluchage avec les parmentières, la cuisson et le confisage. En quelques jours, la châtaigne devient marron, appellation plus noble commercialement.
L’AOC Châtaigne d’Ardèche créée en 1998 est devenue une AOP européenne en 2014. Cette appellation est aujourd’hui un atout pour la filière même si des difficultés demeurent. Les bras manquent toujours pour régénérer rapidement et entretenir la châtaigneraie ardéchoise dont seulement 25% est en production. Mais l’histoire continue de bien belle façon….