6 avril 2018: Conférence « Les dernières découvertes archéologiques »

La conférence sur « Les dernières découvertes archéologiques dans la région de Vallon »,
la salle du conseil de la mairie de Vallon était bien remplie pour recevoir Audrey Saison et Nicolas Lateur, deux archéologues connaissant parfaitement notre région. Dans un premier temps, ils nous ont présenté l’organisation et les modalités des recherches archéologiques, programmées ou préventives, ainsi que tous les programmes engagées ces dernières années dans le sud Ardèche et sur le secteur de Vallon.
Cartes à l’appui, ils nous ont commenté les résultats de leurs fouilles préventives réalisées en 2017 sur la zone de l’actuel chantier du contournement est de Vallon. Peu de choses, à première vue : des silex portés par l’érosion fluviale, un fragment de poterie du IIème ou Vème siècle après JC, des témoignages de crues.
Mais chacun aura compris que l’archéologie se nourrit du moindre indice qui va confirmer ou non l’histoire humaine ou géomorphologique d’un site. Ce fut l’occasion de revenir sur les crises messiniennes du Miocène et du Pliocène, à l’ère tertiaire, qui ont façonné les Gorges de l’Ardèche et ont modifié à plusieurs reprises le cours de l’Ardèche passant, tour à tour, du méandre contournant le Chastelas à la vallée du Chambon à Salavas, avant de s’installer dans son lit actuel.
La conférence se termina par une description du silo à céréales découvert fortuitement en 2016 à Lagorce.

2 et 3 mai 2018: voyage à Pézenas et Carcassonne

39 membres des Amis de l’Histoire ont participé à ce voyage en car, organisé de main de maître par Suzanne et ¨Pierre Leroux. Au programme : Pézenas, l’Abbaye de Fontfroide et Carcassonne.
Après quelques bouchons routiers à Nîmes, nous arrivons sous un beau soleil à Pézenas. Notre guide nous fait découvrir cette ville chargée d’histoire. Son centre historique est un écrin de demeures de la fin du Moyen Age et d’hôtels particuliers datant du XVème au XVIIIème siècle, comme le magnifique Hôtel du Baron de Lacoste. Dès 1262, Pézenas s’affirme lorsqu’elle entre dans le domaine royal. Les Montmorency, gouverneurs du Languedoc, font de Pézenas leur capitale. Mais il n’est pas possible de visiter Pézenas sans parler de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière qui y résida pendant sept ans, sous la protection du Prince de Conti, fils d’Henri II de Bourbon. Nous sommes passés devant la boutique de son barbier où il venait écouter les cancans de la ville, afin d’en écrire des farces et comédies.
Passé Narbonne, une petite route nous mena dans ce creux de vallée où se niche l’Abbaye de Fontfroide, deuxième visite de la journée, après un passage au restaurant du site dont le cadre et le menu ont fait l’unanimité… tout comme son vin blanc. Puis Olivia, notre guide, nous fit découvrir les origines et l’évolution de l’Abbaye, bénédictine en 1093 puis cistercienne vers 1144. Dès le XIIIe siècle d’importants dons lui permettront de réaliser de nouvelles constructions. Mais différents aléas dus à l’organisation ecclésiastique, vont appauvrir la Communauté qui l’abandonnera en 1901. La propriété est achetée en 1908 par Gustave Fayet, dont la famille possède toujours le site. L’histoire de cette Abbaye est riche de multiples événements. Nous avons tous admiré l’architecture, la beauté des vitraux, le cloître et les belles colonnes qui en ornent le pourtour, la cour d’honneur, la roseraie et les jardins.
Puis, un peu après 17h, départ pour notre hôtel où un bon repas et une bonne nuit nous attendaient. Des chambres agréables et confortables ont permis à chacun de reprendre des forces pour le lendemain
A 10h devant la porte Narbonnaise, nous partons avec nos guides, Anna et Isabelle, à la découverte de la Cité de Carcassonne, son ancienne cathédrale où nous attendaient des chanteurs russes, ses remparts et ses deux murailles d’enceintes (3 kms de fortification), la place St Jean et le château comtal, ultime défense, construit au XIIe siècle par les Trencavel, Vicomtes de Carcassonne.
Nous terminons cette visite matinale par la Basilique romane dont les parties les plus anciennes remontent au XIe siècle. Après un tel effort, un bon cassoulet nous attendait au « Café Lucien ». A 15 heures, sous un ciel plus couvert, nous retrouvons nos guides dont les connaissances, l’enthousiasme et la gentillesse nous ont tous conquis. Elles nous ont fait découvrir la Bastide St Louis, vieux bourg de Carcassonne datant de 1247, ses hôtels particuliers (dont certains aux plafonds peints), ses halles, l’église Saint-Vincent et sa tour de 54 m …avant de reprendre le chemin de Vallon.

30 mars 2018: Sortie à St. Rémy de Provence

Le 30 mars, la journée s’annonçait pluvieuse pour les 45 adhérents qui avaient fait le déplacement en car à Saint-Rémy de Provence. Il n’en fut rien. Juste un peu de vent, mais frais pour certains.
Le matin, ce fut une belle visite guidée du site archéologique de Glanum. Ses premiers habitants, entre les VIIe et VIe siècles avant JC, furent les Salyens, tribu gauloise venue s’installer autour d’une source aux eaux guérisseuses attribuées au dieu celtique Glan qui sera à l’origine du  nom du site. Puis vinrent les Grecs (IIe et Ier siècles avant JC), puis les Romains dans les premières années du règne d’Auguste. Ces communautés vont laisser des témoignages de leur implantation et accroître la ville qui devient Glanum, colonie latine très importante. Elle sera détruite par les invasions alémaniques vers 260 après JC à l’exception des Antiques : arc de triomphe et  mausolée qui trônent à l’entrée du site.
Ce n’est qu’en 1921, soit près de 17 siècles après sa destruction, que des fouilles très importantes furent engagées pour mettre à jour une partie de la cité Glanum, ensevelie sous près de 8mètres d’alluvions et en particulier : la rue principale, la place du marché, les thermes le forum, la curie, la basilique, le quartier de la source sacrée, le sanctuaire d’Hercules, le rempart, les temples géminés…
Après un bon repas, nous partîmes en direction des Baux de Provence, pour une visite de l’Abbaye de Montmajour.
L’histoire de ce site commence avec les moines bénédictins qui viennent s’installer au Xème siècle sur cet îlot rocheux entouré de marais. Ils édifient au milieu du XIème la chapelle Saint-Pierre puis une église abbatiale. La relique de la Vraie Croix conservée dans sa crypte attire les pèlerins et conduit à la construction de la chapelle reliquaire Sainte Croix au XIIème.
L’abbaye de Montmajour étend son pouvoir spirituel de l’Isère à la Méditerranée et devient l’une des plus puissantes du sud de la France avec ses 56 prieurés. Elle est fortifiée pendant la Guerre de Cent Ans et elle connait un nouvel essor au XVIIIème suite à la réforme de la communauté de Saint Maur qui engage la construction d’un nouveau monastère. L’Abbaye devient propriété de l’Etat en 1945. Outre les visiteurs, elle accueille désormais des expositions et participe chaque été aux Rencontres de la photographie d’Arles.

13 mars 2018: sortie à Rochegude

C’est par une journée printanière que notre groupe a visité le village de Rochegude.  Accueilli par Pierre Chante nous avons découvert les ruelles de ce charmant village sous la houlette de notre guide intarissable et passionné, il nous en a révélé tous les secrets. L’après -midi c’est clôturée dans l’église romane ou P. Chante nous a présenté quelques diapositives sur le village enneigé et quelques hameaux alentours.je pense que chacun est rentré chez soi content de son après-midi. Ce matin un message de M.Chante nous remerciait d’être venus vers lui et nous remerciait pour les moments agréables et précieux passés en notre compagnie.

23 février 2018: Les ponts en Ardèche

Le 23 février 2018 conférence de Yves Morel:
Les ponts sur l´Ardèche

Vendredi 23 février en soirée, l’assistance était nombreuse pour écouter Yves Morel retracer de brillante manière l’histoire des 2300 ponts recensés en Ardèche.

De nombreuses raisons expliquent ce nombre exceptionnel de ponts dans le département : les obstacles constitués par les rivières et leurs affluents, le relief montagneux d’une grande partie du département, une pluviométrie atypique et les crues.

Ces ponts avaient une importance considérable pour les échanges entre les vallées et les régions voisines. Aux différentes époques, leur esthétique a toujours été soigné mais la réflexion sur leur implantation et donc sur leur coût a toujours été présente. Ainsi, des études vont être menées pour voir comment se passer d’un pont, suivre la ligne de crête, pratiquer la traversée par des bacs, utiliser les passages à gué….

L’augmentation du roulage au 18ème siècle va engendrer la construction de nombreux ponts à cette époque. Au 19éme siècle, les activités de transport et d’échanges augmentent et les ponts suspendus se développent comme celui de Tournon en 1825, construit par Marc Seguin.

Rappelons que c’est en 1837 que fut construit, sur les mêmes principes, le premier pont suspendu dans notre région : le Pont de Salavas dit « pont en fil de fer ». Il sera reconstruit à plusieurs reprises au siècle suivant. Vous retrouverez son histoire dans l’une de nos brochures « Rencontres avec le passé ».

Après cette période, le déploiement du chemin de fer va faire une concurrence très forte au transport routier, conduisant au déclin des ponts suspendus.

Ces ouvrages ont subi des dégâts importants du fait des intempéries, mais aussi lors des dernières  guerres mondiales ou en raison d’interventions humaines.

Pour conclure, Yves Morel a tenu à souligner que les services départementaux de l’Equipement ont toujours eu une attention particulière et permanente sur la protection de ces ouvrages qui constituent une trace tangible de notre patrimoine.

Ce fut une belle conférence.

 

 

1 décembre 2017: Olivier de Serres et son « Théâtre d´Agriculture »

Malgré la froidure, il y avait beaucoup de monde à la mairie de Vallon, le vendredi 1er décembre, pour la première soirée du cycle de conférences organisé par les Amis de l’Histoire de la Région de Vallon. Ce soir-là, notre association accueillait Benoît Vidal, président de l’Institut Olivier de Serres, pour une conférence sur « Olivier de Serres et son Théâtre d’Agriculture ».

Ce fut l’occasion de découvrir la vie et l’œuvre du Seigneur du Pradel, homme de la Renaissance et de la Réforme, mais aussi « père de l’agriculture française » pour l’influence qu’il a eue sur les générations suivantes d’agriculteurs et d’agronomes. Il fut aussi un homme de lettre comme en témoigne son œuvre majeure «  Le Théâtre d’agriculture et mesnage des champs » paru en 1600 et offert dans un premier temps au « bon Roi » Henri IV.

Chacun aura pu mesurer ce soir-là, l’importance de ce premier traité d’agronomie et de « management » agricole, à travers les huit « lieux » (livres) qui composent les 1000 pages d’un ouvrage plein de bon sens et de conseils judicieux écrits dans un langage plein de poésie.

Benoît rappela la devise bien connue d’Olivier de Serres : « Science, Expérience, Diligence ». Pour bien faire les choses, il faut possèder la connaissance, maîtriser la pratique et faire preuve de soin. Un message simple et ciselé, écrit dans le style de l’époque…… mais toujours d’actualité.

Une bien belle soirée.

6 juin 2017: Beaucaire et l´Abbaye de Saint-Roman

La dernière sortie à Beaucaire et à l’Abbaye de Saint-Roman
Il y avait un peu plus de 40 personnes pour ce déplacement en car à Beaucaire, le mardi 6 juin, et le temps était de la partie.
Tout commença par la visite de l’Abbaye de Saint-Roman, abbaye troglodytique et édifice atypique juchée en haut d’une colline surplombant Beaucaire et le Rhône dans cette partie du fleuve entre Avignon au nord et la Camargue au sud.
Arrivée au pied de l’Abbaye de St Roman et après un petit ¼ d’heure de montée, nous découvrons les vestiges de ce lieu insolite taillé dans la roche calcaire, très hétérogène (tendre ou dure) selon les emplacements et fortement ciselée par l’érosion éolienne.
Cette abbaye fut occupée par des ermites dès le Vème siècle avant de devenir une abbaye bénédictine au VIIème siècle. Passée sous la tutelle de l’abbaye de Psalmody au XIème siècle, elle est fortifiée au XIVème et accueille alors un collège d’adolescents mis en place par le pape d’Avignon Urbain V. En 1538, les moines quittent l’abbaye pour Aigues-Mortes. L’abbaye entame son déclin avant d’être vendue à un particulier.
Un petit moment de pause au restaurant « le Soleil », en bordure du canal du Rhône à Sète, a permis à tous de reprendre quelques forces avant d’amorcer la visite de la ville de Beaucaire.
Notre guide après avoir fait l’historique de la ville, nous a parlé du développement de la ville dès le XVe siècle avec la foire de la Madeleine qui connait son apogée au XVIIIe siècle, époque où elle est considérée comme une des plus grandes foires d’Europe.
Elle attirait, des marchands venus de toute la France, de l’Europe entière mais aussi d’Orient et du pourtour méditerranéen : vénitiens, grecs syriens, tunisiens, catalans, aragonais, portugais, anglais, allemands. Plus de 120 000 visiteurs s’y pressaient.
Ce fructueux négoce permit aux habitants de Beaucaire de s’enrichir en louant leur maison à prix d’or durant la période de la foire et aux riches marchands de construire de magnifiques hôtels particuliers dont certains ont gardé toute leur magnificence.
La visite nous fit passer devant l’église collégiale ND des Pommiers au fronton de laquelle sont gravés les symboles de notre république « Liberté, Egalité, Fraternité »…. En souvenir de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 qui fut, semble-t-il, l’objet d’un débat à Beaucaire. Nous n’en saurons pas plus…
La promenade à travers les rues de Beaucaire s’est terminée à la maison gothique devenue aujourd’hui la Maison du patrimoine.
Cette sortie fut une belle journée, amicale et bien remplie. D’autres suivront….

9 mai 2017: sortie au Pont du Gard

Nous étions près de 50 personnes dans le car pour rejoindre les sources d’Eure d’où part l’aqueduc du Pont du Gard, reliant Uzès à Nîmes. La journée fut belle à tous égards. Le temps était de la partie. Notre guide passionné nous fit découvrir les contraintes géographiques et techniques rencontrées par les architectes lors de la construction de cet aqueduc romain (vers 50 ans après JC) qui fonctionna normalement de l’an 100 à l’an 250 environ. Si les instruments des topographes de l’époque étaient rudimentaires, l’intelligence des ingénieurs de l’époque était immense.

Comment ne pas être étonné par les prouesses techniques des géomètres, des architectes et des ouvriers de l’époque : qualité des matériaux, précision de la taille des pierres et des enduits, la composition du mortier de tuileau, les bassins de régulation, pente de l’aqueduc de 2,5 cm pour 100m en moyenne sur un parcours long de 50 km ?

Concernant l’ouvrage du Pont du Gard, nous avons découvert ses multiples facettes, visibles ou invisibles au premier regard : sa conception, les matériels de levage utilisés à l’époque, les signatures des compagnons tailleurs de pierre, les renforts successifs ajoutés à l’édifice, le pont routier de Pitot ajouté en 1745, ses restaurations successives….

Après le repas, le groupe est monté par un sentier de randonnée jusqu’au belvédère  surplombant l’édifice et qui permet à l’aqueduc de franchir les Gorges du Gardon. A cet endroit, l’aqueduc n’est pas vouté mais couvert de dalles plates plus faciles à poser, même si le poids de chacune d’elles avoisine les 2,5 tonnes. Lors de la descente, nous sommes passés par la Combe Valmalle où l’aqueduc  entame un virage assez serré avant d’emprunter un pont qui traverse la combe. D’importantes concrétions calcaires déposées par l’eau recouvrent les parois du canal dans cette zone.

Tout au long de la visite, de nombreuses questions furent posées à notre guide. Beaucoup de réponses furent apportées. Nul doute, qu’un jour ou l’autre, il nous faudra revenir pour découvrir le reste du tracé de l’aqueduc qui se termine au castellum de Nîmes et pousser notre chemin jusqu’à la font de Nismes.

Notre guide nous avait prévenus : « la visite du Pont du Gard peut durer 2 heures ou une semaine, vous me dites ce que je dois faire ». Nous avons effectivement  débordé de l’horaire prévu…..

12 avril 2017: Visite du Chastelas

Mardi 12 avril, Alain Lambert et Alain Sixtre, ont accompagné Denis Mazellier et ses 26 élèves de CM1 et CM2 de l’Ecole Primaire de Vallon pour leur faire découvrir le Chastelas, l’histoire de son château et du vieux Vallon et au-delà celle du village de Vallon dont les habitants ont progressivement migré de cette colline vers la plaine.
Ce fut aussi l’occasion de faire une lecture très instructive des paysages environnants et de l’évolution des modes de vie des habitants du village.
Beaucoup de questions furent posées par les élèves sur l’histoire du lieu bien sûr, mais aussi sur d’autres sujets. Ainsi, certains élèves ont demandé si certaines galeries secrètes existaient sous le château. Où se trouvait le cachot ?
Les deux guides n’ont pas manqué de leur dire qu’ils n’avaient pas toutes les réponses et que beaucoup de recherches restaient à faire sur le château et ses abords pour qu’il livre tous ses secrets.

7 avril 2017: La viscose

Conférence de Michel Silhol sur « La viscose, une soie artificielle »

Le vendredi 7 avril à Salavas, notre ami Michel Silhol, président de l’association « Naviscose Mémoire de Viscosier » et ancien employé des usines de La Voulte et Echirolles nous a fait découvrir avec beaucoup de chaleur l’histoire de ce premier fil artificiel mis au point en 1884 par le Comte Hilaire de Chardonnet. L‘Ardèche, pays de la soie et des moulinages, participa au développement de la fabrication industrielle de la viscose à Vals les Bains et à La Voulte.  Nous retrouvons aujourd’hui la viscose, qui n’est autre qu’un fil de cellulose, dans de nombreux produits industriels (éponges, pneumatiques..) et même agroalimentaires.

Cette « soie artificielle » fut à l’origine de la révolution mondiale de l’industrie textile du 20ème siècle avant d’être elle-même concurrencée par les fibres synthétiques venues des Etats-Unis dans les années 50. La dernière usine française d’Echirolles, ferme en 1991. Seul subsiste, aujourd’hui sur le site, un musée rappelant l’histoire de la viscose et des hommes qui l’ont faite.